Après le polygénisme compliqué par l'effet de seuil, ce qui s'ajoute à la complexité de la DCF, c'est sa faible héritabilité !
Selon la littérature existante sur le sujet, elle est évaluée entre 25 et 30 %.
Comme ce chiffre est inférieur à 50 %, le néophyte pensera, au mieux que c'est faiblement génétique au pire que c'est pas génétique du tout.
Il n'en est rien.
D'une part, l'héritabilité se mesure sur des caractéristiques par définition à déterminisme génétique (ce qui veut dire héritable sensu stricto).
D'autre part, cette mesure intervient dans le cas de génétique quantitative.
Par exemple, on ne mesure pas l'héritabilité de la couleur.
En fait l'héritabilité mesure la part d'influence de l'environnement sur l'expression génotypique.
Prenons le lecteur du club de race, montrons lui des photos de jeune fille et demandons lui de dicerner la vraie couleur de cheveux de celle-ci,
sur des notes de 2 à 10.
L'héritabilité est le nombre de fois qu'il donne la bonne réponse.
Vous me direz que ce lecteur est nul pour avoir 25 à 30 % de bonnes réponses.
Mais ce n'est pas aussi facile, car pour pousser le parallèle avec la DCF, disons que les jeunes filles peuvent se colorer les cheveux (ç'est l'effet de l'environnement) et que le lecteur n'a accès qu'à des photos N&B (c'est à dire la radio).
On comprend alors que dans ces conditions le % de bonne réponse n'est que de 25 à 30 %.
La 1ere problématique est donc :
La radio, selon le protocole FCI, à 12/18 mois,est-elle le bon moyen ?
OUI, parce que c'est le seul moyen à l'heure actuelle qui soit standardisé, mais c'est l'équivalent de la photo N&B.
Il convient de trouver mieux => beaucoup d'espoir dans la manoeuvre de Penn Hip.
Ce que l'on sait c'est que le dépistage via la radio aujourd'hui ne rend pas assez compte de la réalité génétique.
L'autre problématique, c'est que la cotation dysplasique (A à E et l'angle de Norberg Olson) n'est pas fortement corrélé au handicap subi par l'animal.
Un chien D n'aura pas obligatoirement (statistiquement) plus d'arthrose qu'un C. Ce qui vient s'ajouter à la problématique de l'environnement.
Les pb cardiaques, oculaires sont plus voyants donc décelables plus précocément.
Si un chien n'est pas radiographié et qu'il ne souffre pas arrivé au grand âge malgré une "dure vie", rien ne permet de savoir qu'il est DCF et qu'il transmettra potentiellement ce problème à ses descendants.
Inversement, des chiens épargnés ne présenteront probablement pas de signes radiographiques de DCF mais resteront vecteurs de DCF à leurs descendants parce que l'environnement aura permis de masquer une éventuelle DCF.
C'est pour cela qu'une sélection basée seulement sur une image phénotypique à un instant T (les expos) est un outil moindre pour éliminer les tares.
Epargner un chien dans la crainte qu'il soit DCF n'est pas une solution, surtout pour un reproducteur.
Prochaine étape : Penn HIP et laxité articulaire.